Label artisanat, « fait main » : ce que ces mots garantissent vraiment

Avatar de Hélène Roussillon

·

3 min de lecture

Sur un stand de salon ou une fiche produit, les mêmes mots reviennent : fait main, artisanal, fabriqué en France. On les lit comme des garanties. Ce n’en sont pas toutes. Certaines n’engagent presque personne ; d’autres sont des titres ou des labels réels, encadrés, qu’on ne peut pas s’attribuer soi-même. Savoir laquelle est laquelle change ce qu’on est en droit d’attendre d’un objet.

Les mentions qui n’engagent presque personne

« Fait main » et « artisanal » ne sont pas des labels : ce sont des expressions courantes, sans définition légale précise ni organisme chargé de les contrôler. Un fabricant peut les imprimer pour décrire une simple étape de finition manuelle, même si l’essentiel de l’objet sort d’une chaîne. Pas forcément mensonger, mais pas vérifiable non plus.

« Origine France Garantie » est d’une autre nature : une certification, avec un cahier des charges qui porte sur le lieu où l’essentiel de la fabrication a réellement eu lieu, pas seulement où l’objet a été assemblé en dernier. En cas de doute sur ce qu’elle couvre pour un produit donné, mieux vaut consulter la source que faire confiance à l’étiquette seule.

Les vrais titres et labels, et qui les délivre

Contrairement à « fait main », ces distinctions sont accordées par une institution, selon des critères, et peuvent être vérifiées :

  • Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) — un label d’État qui distingue des entreprises, pas des personnes, pour un savoir-faire rare ou d’excellence, instruit avec l’appui de l’Institut National des Métiers d’Art (INMA). Il se voit sur un logo officiel, pas sur une simple mention en toutes lettres.
  • Maître d’art — titre honorifique décerné par le ministère de la Culture à des professionnels d’exception. Il s’accompagne d’une transmission suivie à un élève, sur plusieurs années : un engagement dans la durée, pas une récompense ponctuelle.
  • Artisan et maître artisan — titres professionnels réglementés, délivrés par les Chambres de métiers et de l’artisanat après vérification de la qualification et, pour le second, de l’expérience. Le point qu’on oublie le plus souvent : « artisan » n’est pas une façon de se présenter, c’est un statut qu’on ne peut porter qu’en le remplissant.

La ligne de partage : « fait main » décrit une manière de fabriquer, sans garant extérieur. « Artisan » est un titre, avec un organisme qui l’accorde et peut le vérifier.

Chaque année, les Journées Européennes des Métiers d’Art, coordonnées par l’INMA, ouvrent des ateliers au public dans toute la France — la meilleure façon de voir ce que recouvrent réellement ces titres, plutôt que de le lire sur une étiquette.

Ce qu’il faut demander au vendeur

Avant un achat qui compte, quelques questions suffisent à trier le vocabulaire commercial des garanties réelles :

  • Où l’objet a-t-il été fabriqué, et par qui — un atelier identifiable, ou un intermédiaire qui ne sait pas répondre ?
  • Si « EPV » ou « Maître d’art » est mis en avant, le vendeur peut-il montrer sur quoi repose la distinction ?
  • Si le mot « artisan » est employé, correspond-il à une inscription réelle en Chambre de métiers, ou à une habitude de langage ?

Ce sont les mêmes questions qu’on se pose pour choisir un professionnel de travaux fiable. Une fois qu’on sait ce qu’on a réellement entre les mains, reste à savoir où le faire vivre dans la pièce — l’objet de notre rubrique Décoration & Intérieurs. Pour les définitions officielles à jour : service-public.fr.


Avatar de Hélène Roussillon

À lire aussi